Texte Marek Zielinski
Recherche Luz Garcia de Zielinski
Le 91e anniversaire de naissance de sa Sainteté Dalaï Lama a été célébré un peu partout dans le monde, même par ceux qui ne se considèrent pas bouddhistes. Rigpé Dorjé, le Centre bouddhiste de Verdun, situé au 503 de la 3e Avenue, a organisé une cérémonie modeste, mais empreinte d’une touchante sincérité. Un magnifique gâteau trônait sur une table, parmi les autres offrandes apportées par le public.

Figure bien connue mondialement, le Dalaï Lama incarne l’esprit de résistance pacifique, toujours fidèle aux principes de la philosophie bouddhiste. Vivant en exil depuis 1959 dans l’État de Himachal Pradesh dans le nord de l’Inde, il n’a cessé de parcourir le monde avec un message de conciliation, ce qui lui a valu le prix Nobel de la Paix en 1989.
Sois sage, mon ami!
Son anniversaire nous a permis de concrétiser un vieux projet de présenter celui qui est son émissaire en quelque sorte à Verdun, Acharya Choying Gyurmey. Depuis 2018, il dirige le centre et y dispense le message et la philosophie bouddhiste à tous ceux qui veulent l’entendre. Un peu intimidés par cette entrevue, nous avons vite compris que le Lama incarne pleinement ce qu’il prêche : la simplicité. Son discours n’a rien d’une dissertation ou d’un sermon, il est, au contraire, empreint d’une vraie tendresse et compassion pour son prochain.

Tout au long de notre échange, trois mots, trois substantifs pour être précis, revenaient sans cesse : amour, bienveillance et compassion. Trois préceptes pour une vie fidèle aux principes bouddhistes, mais qui peuvent être appliqués et incarnés par tous, peu importe comment ils se définissent, des athées aux croyants ardents. Comme tous les concepts, amour, bienveillance et compassion se prêtent souvent aux interprétations qui varient selon la culture, l’origine et le tempérament de l’individu. Un quatrième élément est alors introduit, celui qui encadre le tout, qui donne un sens précis : la sagesse. La voie bouddhiste mène à cette sagesse à travers la méditation, mais nous tenons à encourager ceux que cette philosophie interpelle à faire leurs propres recherches, car il est si facile d’imposer sa propre interprétation, biaisée par notre perception.
À quoi ressemble la vie d’un Lama? La question fait rire notre vénérable hôte, qui est le dernier à se considérer comme un être exceptionnel. Être Lama, c’est d’être disponible et présent; c’est aussi de gérer mille et une choses quotidiennes au Centre, mais c’est aussi de trouver du temps pour soi, à regarder même un film. Il a le sourire facile et un regard calme et calmant; il sait aussi écouter, absorber les idées et les préoccupations des autres. Il est parmi nous non comme un missionnaire comme dans la tradition chrétienne, mais comme une pierre angulaire, souvent discrète ou même invisible, mais qui soutient l’édifice en occupant un espace précis et immuable.



