Texte Marek Zielinski
Recherche Luz Garcia de Zielinski
Notre interlocuteur – un jeune homme au sourire engageant et le regard franc – se définit lui-même comme un pont. Un pont humain entre cultures et races, avec sa voix comme pilier. Il se nomme Jace Carrillo, est natif de Venezuela et vit à Verdun depuis une dizaine d’années. C’est l’amour qui l’a fait venir ici – pour une femme, Jennifer. Peut-on concevoir une meilleure raison? Difficilement! C’est également l’amour qui l’a fait entamer une carrière dans la chanson – l’amour du partage, de la découverte, de la création.

Vibrons ensemble
Un sage a dit que la médecine du futur sera celle des vibrations. Je crois qu’on peut extrapoler cette remarque à pratiquement toutes les facettes de la vie. Vie-bration (comme dans célé-bration)! Tout est pulsation, rythme – et la musique en est le véhicule par excellence.
Le public verdunois sera en mesure de le constater le 12 juin prochain au Quai 5160, lors d’un concert qui s’annonce comme une fête, avec un brin de nostalgie, comme le suggère le titre : Back to the roots. Entouré de ses musiciens, Jace puisera dans son répertoire déjà conséquent et souvent familier du grand public : sa chanson Eclipse a beaucoup tourné sur les plateformes digitales, se plaçant dans le top 50 à Montréal.
Il y a presque dix ans, quelques mois après son arrivée à Montréal, Jace a participé à l’émission La Voix où il a pu démontrer l’étendue de son talent et une présence sur scène remarquable. Ce n’était qu’une étape dans sa trajectoire d’artiste, commencée à l’âge de cinq ans dans sa Valencia natale au Venezuela. Jace est de cette espèce rare d’artistes, et il en est conscient, qui grandissent à chaque expérience, aussi douloureuse qu’elle puisse être. Il intègre dans son art les influences multiples auxquelles il est exposé, il évolue, se découvre, se construit. Dans une ville comme Montréal, vibrante et multiple, il est comme un poisson dans l’eau.
Au sommet d’un iceberg
Comme le souligne Jace avec humour, il lui arrive de se réveiller en chantant quelques notes nouvelles. Ces mélodies restent avec lui, deviennent souvent de chansons. Elles nous rappellent qu’une vie éveillée, consciente n’est que la pointe d’un iceberg. Sans rien enlever à l’aspect jouissif de sa musique (je vous défie de l’écouter en gardant vos pieds immobiles!), elle vient de loin et porte en soi un poids, une gravité qui restent même quand les pieds se calment.
L’événement le plus heureux qu’on puisse imaginer pour un futur papa – la naissance de son premier enfant – a été une longue épreuve pour Jace, Jennifer et Jax Aurora, la petite merveille et le petit-grand miracle. Le dénouement heureux a tout remis en perspective et ces mois d’angoisse sont devenus une intarissable source d’inspiration.
L’homme a mûri, et sa musique avec, mais le voyage est loin de sa destination (il compte d’ailleurs plus que cette destination). Le 12 juin prochain, faisons un bout de chemin avec Jace, embarquons dans un périple qui nous conduira peut-être, qui le sait, vers nous-mêmes.


