(Texte Pierre Lussier)
Photo : Daniel Rochon
À la suite de l’élection du 2 novembre dernier, le nouveau conseil d’arrondissement de Verdun s’est réuni pour adopter le Budget 2026, lundi soir dernier. Défendu par la mairesse Céline-Audrey Beauregard, ce budget préparé sous l’administration antérieure comporte des ajustements afin de rétablir l’équilibre en réduisant l’utilisation des surplus.

L’arrondissement de Verdun adopte toujours son budget pour l’année qui vient au début de décembre. Ce document est transmis au comité exécutif de la Ville afin d’incorporer l’exercice financier au budget global de la Ville de Montréal. Le budget se divise en deux catégories : le budget de fonctionnement qui couvre les dépenses courantes et le programme décennal d’immobilisations (PDI) pour planifier à plus long terme, revu et modifié au besoin. L’étape franchie à Verdun précède le budget de la ville-centre qui déterminera le taux de la taxe foncière et les hausses inscrites sur le compte que les propriétaires recevront à la fin janvier.
La mairesse Beauregard souligne la prudence du conseil
Avec un budget 2026 de 43 415 M$, en hausse de 1 757 M$ (+4,2 %) par rapport au budget 2025, qui n’avait augmenté que de 125,5 k$ (+0,3 %) par rapport à 2024, la prudence est au rendez-vous depuis deux ans (2024-2026). En effet, la croissance cumulée est de 4,6 %, ou 2,3 % par année, précise le document soumis par la mairesse. On écrit plus loin que cette performance repose sur des stratégies d’optimisation durables, démontrant l’engagement du conseil à gérer efficacement les fonds publics tout en assurant la continuité et la qualité des services offerts à la population.
Andréanne Moreau déçue de la hausse de la taxe locale
La composition du conseil d’arrondissement, jadis formé des élus d’un seul parti politique sous la mairesse Mauger, a changé avec l’arrivée des trois élus de l’opposition qui traquent les failles d’une administration antérieurement trop portée à piger dans les surplus.
Agissant comme porte-parole de l’opposition, la conseillère de ville Andréanne Moreau a expliqué que le taux de la taxe locale était trop bas et n’a pas été augmenté progressivement au cours des années d’où la surprise d’une hausse de 3,8 % (sous réserve) d’un seul coup pour 2026. Depuis 12 ans, l’arrondissement de Verdun a volontairement appliqué une indexation de ses revenus de taxation inférieure à la moyenne montréalaise, selon la mairesse Beauregard. L’opposition a voté contre le budget et le vote de la mairesse et des trois conseillers de son parti ont permis d’adopter la proposition budgétaire 2026 prévoyant un budget en équilibre de 43 415 M$ au chapitre des revenus et des dépenses.
Couvrir les engagements financiers de l’arrondissement
Rémunération : 32 691 M$ soit 75,3 % du total.
Bien non durables et biens durables : 3 955 M$ soit 9 %
Honoraires professionnels et services techniques : 3 420 M$ soit 7,9 %
Location, entretien et réparation : 1 855 M$ soit 4,3 %
Comme on peut le constater, les quatre principaux postes de dépenses représentent 96,5 % du total des prévisions de l’arrondissement. La rémunération du personnel compte pour plus des ¾ des frais engagés par l’arrondissement sous forme de salaires, avantages sociaux, CSST et autres. À ces frais incompressibles, sauf par réduction du personnel ou retraite anticipée d’employée(e)s, s’ajoutent les honoraires professionnels payés à des firmes extérieures.
Les stratégies de financement
L’arrondissement doit faire ses frais et couvrir les dépenses. Les principaux revenus de Verdun sont par ordre : les transferts de la ville-centre 28 406 M$ (65,4 %), la taxe d’arrondissement sur les services 10 755 M$ (24,8 %) et les revenus locaux (permis, droits d’entrée, contraventions, etc.) 3 673 M$, (8,5 %).
Devant une salle presque vide
Une assemblée de budget attire peu de citoyens. C’est pourtant la gestion de vos taxes qui permettra d’entretenir les patinoires pour vos enfants, d’ouvrir les bibliothèques, de déneiger les rues en hiver (ramasser les vidanges et de planter des arbres).
Fidèle aux assemblées du conseil, la citoyenne Louise Constantin s’inquiète de cette tendance à faire appel à des sous-traitants, pour réduire les dépenses, et instaurer un gel de l’embauche. Annick Duchesne, directrice générale de l’arrondissement, a répondu qu’on voit ces tendances un peu partout parce qu’on cherche le prix le moins cher, le meilleur des deux mondes.
(À suivre, budget et enjeux pour 2026)


