Texte de Marek Zielinski
Recherche de Luz Garcia de Zielinski
La petite paroisse de Saint-Thomas More s’apprête à vivre un changement important : fusion avec une autre paroisse verdunoise, celle de Willibrord. Le 27 juillet, pour la dernière fois, une messe a eu lieu à l’église Saint-Thomas sur la rue Moffat, coin Bannantyne.
Il est venu le temps du changement
La décision a été prise après une longue réflexion. La fréquentation de l’église a chuté de manière significative, surtout depuis la pandémie. L’arrivée du nouveau prêtre, le Père Garrick Huang, le 1er mai, a amorcé la période du changement, qui se concrétisera par la fusion de deux paroisses à partir du mois d’août.
L’heure aurait pu se prêter à un exercice de nostalgie, une larme au coin de l’œil, mais Patricia McIver et Angela CG Olaguera, deux femmes formidables et passionnées que nous avons rencontrées, ont beaucoup trop à faire pour céder à l’émotion. Son temps viendra, sans doute, après la dernière messe, mais pour le moment, les problèmes concrets ou pratiques nécessitent toute leur attention. Patricia est une véritable mémoire vive de la paroisse.
À son service depuis le 4 août 1980, elle a connu quatre pasteurs avant l’arrivée du Père Huang : Mgr. Gerald McGlynn (1980-1988), Père John Lyng (1988-1989), Père George Oakes (1989-2018) et Père Robert Assaly, décédé en mars 2023 après quatre ans de service. Durant ses 44 ans à l’église Saint-Thomas More, Patricia a assuré le bon fonctionnement de la paroisse, épaulée depuis peu par Angela.
Aux innombrables mariages, baptêmes, communions et confirmations, elles ajoutent aujourd’hui la fusion de deux paroisses à la liste de défis qu’elles ont dû relever.

S’adapter au monde qui bouge
La diminution de la fréquentation est la cause principale de cette fusion. Depuis la pandémie, à l’image de toute la société, nos habitudes ont changé : nous ne travaillons pas de la même manière ; nous occupons notre temps libre différemment. La pratique de la foi a aussi changé, elle relève désormais plus de la sphère privée. Le besoin de communier avec les autres est moins présent.
Le confinement a mis également à rude épreuve les finances et la gestion administrative des paroisses. La tendance à la fusion s’est manifestée un peu partout au Québec, comme réponse à la réalité nouvelle qui a émergé de cette situation sans précédent. Il est important de souligner que la décision de s’unir à la paroisse de Willibrord vient de la communauté elle-même, après de longues consultations.
À l’heure de la parution de ce texte, aucune décision n’est prise quant à l’avenir de la magnifique bâtisse de l’église. Il ne nous reste qu’à espérer qu’elle garderait son aspect sobre, pur et majestueux qui la distingue dans le paysage urbain de Verdun.
L’exemple proche d’une autre église (Saint-Jean le Divin), convertie en condos, pourra peut-être inspirer et les architectes et les décideurs. Peu importe la fonctionnalité future du bâtiment, son adaptation constituera un défi de taille, vu son architecture unique.
À partir du 3 août, les fidèles de Saint-Thomas More pourront assister à leur messe à l’église Willibrord. Parions que ce changement insufflera une vitalité à la nouvelle paroisse.


