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Mercredi, 29 mai 2024

Yves Michaud, le parcours d’une vie

Après avoir séjourné durant trois années à la résidence Ambiance Île-des-Soeurs et,
à la suite de problèmes de santé, Yves Michaud est hébergé dorénavant à
la résidence privée la Maison L’étincelle, à Verdun. Le parcours
de ce personnage exceptionnel et hors du commun est riche et inspirant. 

Texte d’Ahmed Chetioui

Un brin vaniteux, comme il se prétend, on peut hésiter à croire sur parole le Robin des banques, tant le personnage est attachant, il a d’abord laissé sa marque comme journaliste, politicien et diplomate.

En 1995, il fonde l’Association de protection des épargnants et investisseurs du Québec (ancêtre du MÉDAC). À diverses occasions, il défend les intérêts des actionnaires minoritaires aux différentes assemblées des actionnaires des banques. Ainsi, il réclame par exemple des règlements de régie interne qui rendent les dirigeants de banque plus responsables envers les actionnaires minoritaires. Ses gestes lui vaudront le surnom de Robin des banques.

Je souhaiterais retracer quelques passages de son parcours de vie.

Avec Jacques Parizeau

Après une formation en journalisme, Yves Michaud devient rédacteur en chef et directeur du journal le Clairon maskoutain à Saint-Hyacinthe de 1954 à 1962.

En 1959, il reçoit une bourse du Conseil des Arts du Canada pour étudier en journalisme à l’Université de Strasbourg.

De 1962 à 1966, il est rédacteur en chef et directeur du journal La Patrie.

Il est élu député du Parti libéral du Québec à l’élection de 1966 dans la circonscription de Gouin. Trois ans plus tard, il se joint à un groupe de députés pour s’opposer au projet de loi 63, déposé le 23 octobre 1969 par Jean-Guy Cardinal, alors ministre de l’Éducation dans le gouvernement Jean-Jacques Bertrand. En désaccord avec son parti sur ce projet de loi, Yves Michaud quitte le Parti libéral et siège comme député indépendant à compter du 31 octobre 1969. La loi 63, Loi pour promouvoir la langue française au Québec, est adoptée le 20 novembre suivant.

De 1970 à 1973, il est haut-commissaire à la Coopération au ministère des Affaires intergouvernementales du Québec. De 1973 à 1976, il est fondateur, rédacteur en chef et directeur du journal le jour.

Par la suite, il occupe différents postes au sein du Gouvernement du Québec. De 1979 à 1984, il est délégué général du Québec en France. Il sera fait Commandeur de la Légion d’honneur française. Il devient directeur du Palais des congrès de Montréal, puis représentant en vins.

Il est lauréat de plusieurs prix de journalisme, notamment celui du meilleur reportage en 1957, de l’association des hebdomadaires du Canada, du meilleur journal hebdomadaire de langue française en 1958 et du meilleur éditorial de l’année en 1963 et en 1964, de l’union canadienne des journalistes de langue française. Nommé patriote de l’année par la société Saint Jean-Baptiste de Montréal le 3 novembre 1997. Il a reçu le prix spécial grand ambassadeur du palais des congrès de Montréal le 30 mars 2016.

Yves Michaud s’est éteint dans son dernier lieu de résidence, La Maison L’Étincelle à Verdun, en ce 20e jour du mois de mars 2024, à minuit, il s’est éteint en silence, comme s’il ne voulait déranger personne, entouré des préposés qui l’ont aimé, apprécié, qu’il ait fait rire avec ses boutades et ses chansons rematricées, ses déclinaisons de poèmes de Victor Hugo ou ses répliques de Molière, un grand érudit nous a quittés, à l’âge vénérable de 94 ans, il laisse un vide, et une tristesse évanescente qui emplit progressivement en ce matin froid, l’unité Strathmore au 6e étage de la Maison Étincelle.

Nous, direction, personnel et résidents qui l’avons côtoyé, sommes très tristes de cette perte, et compatissons à la douleur de sa famille et de ses proches. Nous leur présentons nos plus sincères condoléances.

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