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Mardi, 21 mai 2024

Un octogénaire a trouvé le tennis éternel

À 85 ans, le Verdunois d’origine Raynald Daoust joue en simple, en double, au moins deux fois par semaine et continue de battre tous ses proches rivaux !

Un texte d’Yves d’Avignon
Des photos de Raynald Daoust

Par un geste de raquette, le tennis trouve souvent les bonnes raisons — et les meilleures surfaces de jeu — pour gagner l’admiration des sportifs dans le cœur des gens. Ce sport de simple ou de double se joue à l’intérieur, à l’extérieur, à L’Île, sur terre battue, au Tennis Woodland, et même sur asphalte appelé DecoTurf… Rarement sur le gazon d’ici.

Ces jours-ci, le champion le plus noble et le plus grand joueur aîné portent le nom de l’octogénaire Raynald Daoust, celui qui fait graviter l’élite mondiale des 80 ans et plus.
« Un phénomène », dit-on le long des courts de l’ÎDS ! « Un as », sermonne son cadet d’ami, plus jeune mais autant expérimenté. Au cellulaire (!), Explore l’a attrapé dans son filet !

Sautons malhabilement par-dessus les lignes blanches pour lui causer. Tapis rouge : Raynald Daoust, ce jeune gaucher, deuxième joueur au Québec de la Fédération senior, quatrième au Canada, et 24e à la prestigieuse ITF World Tennis Masters.

« Le tennis, ça fait depuis les années 50 que j’en joue. Dans l’histoire de Verdun, mon nom est associé au tennis local. »

Plus grand d’une pomme, le Suisse Klaus Schiess, à droite, vient d’être battu par Raynald Daoust.

« Mais j’ai vraiment recommencé à jouer au tennis il y a cinq ou six ans, donc à refaire des tournois dans un cycle très organisé. C’est en fait quand j’ai atteint mes 80 ans, avoue l’habile joueur de la gauche, “encore capable d’aller chercher le plus vil amorti au net”. Et né en 1938 ! Comme j’en ai 85, la piqûre m’est revenue tard en carrière, à ce moment (vénérable) où l’on s’y attend le moins. Tout ça juste avant l’année précédant la COVID ! »

« Tu devrais recommencer à faire des rencontres inscrites au calendrier, à marquer des points au classement de la Fédération, m’ont souvent répété mes amis », y compris le jovial Paul Beneteau, aussi verdunois d’origine, au revers de la conversation. Parce que tu as l’air en grand-forme ! »

La pandémie n’a vraiment pas réfréné l’as de la raquette, qui habite depuis l’âge de 29 ans à l’extérieur de l’arrondissement, sur la Rive-Sud. « La pandémie ? Ç’a duré quelques mois pour nous au tennis, pas plus ! Au début, ç’a été un réel problème. Fallait pas mélanger les balles avec celles des autres. Fallait faire attention à tout. Une affaire de fous ! Tout s’est replacé avant l’automne… »

« Mais j’oubliais ! renchérit-il du même souffle. J’ai gagné la compétition récemment quand j’ai battu le numéro un au classement provincial. Comme nous étions près l’un de l’autre au classement, ça n’a pas eu d’incidence ; j’ai ajouté 400 points pour ma victoire, mon adversaire 320. »

Lors d’un podium en sol espagnol, en 2023.

« Plus tôt, en février, j’avais remonté mon classement au 17e rang mondial, mais j’avais perdu ma position la semaine suivante quand j’ai été éliminé dès ma première partie », raconte l’ex-directeur des services financiers à la commission scolaire de Saint-Laurent.

« À 28 ans, j’ai quitté Verdun pour Brossard. Mais je n’ai jamais cessé de jouer au tennis, que ce soit sur le plan amical ou dans un classement organisé… Je me considère chanceux de pouvoir jouer encore, de ne pas avoir de misère à marcher. Pratiquer le tennis pour moi, ça nous maintient en vie. Je ne fais pas d’autre sport, je n’ai plus de temps. »

« C’est tellement important de pratiquer du sport ! Peut-être que ça m’aura servi. » 

Même s’il a été opposé, l’an dernier, lors d’un tournoi disputé en Turquie, à un joueur de 99 ans, M. Daoust conclut notre appel en indiquant qu’il continue « à jouer au moins deux fois par semaine, souvent trois. Avant l’hiver, on portait le survêtement de tennis cinq fois au cours d’une seule semaine ».

Photo prise à la Tennis Academy en 1996.

Note : Bientôt au calendrier annuel, le Québec participera bientôt contre la Nouvelle-Angleterre à la Friendship Cup, et le 10 juin, Raynald Daoust est inscrit à l’épreuve de la Fédération internationale du Mont-Tremblant pour défendre les couleurs de son pays.

daoustraynaldgmail.com

* * *

Raynald Daoust en bref

  • Début au tennis amateur en 1954, au Club de tennis de Verdun, plus tard devenu le Club Woodland ;
  • Membre du club pendant 12 ans (1954-1968) ;
  • Secrétaire et trésorier du WPTC durant six ans ;
  • Initiateur du tournoi invitation de Verdun (1960-1968) où plusieurs des meilleurs joueurs et joueuses du Canada ont participé.

Classement personnel

  • Catégorie des plus de 85 ans (2024)
  • 2e au Québec ;
  • 4e au Canada ;
  • 24e Classement ITF World Tennis Masters Tour.
  • Membre de l’équipe canadienne des 85+ ans aux Championnats ITF World Tennis Masters Tour :
    – tenu à Majorque, en Espagne (octobre 2023) ;
    – tenu à Antalya-Manavgat, en Turquie (mars 2024). Gagnant de l’or aux simples consolations ;
  • Finaliste (médaille d’argent) du double avec Horst Dammholz (Colombie-Britannique) aux Mondiaux en Turquie.
  • Champions canadiens en doubles (2023) avec Peter Marshall (Nouvelle-Écosse).

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