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Mardi, 21 mai 2024

Un départ n’est que promesse d’une arrivée

Texte de Marek Zielinski
Recherche de Luz Garcia de Zielinski

Il y a des passions précoces, et il y a des passions tardives. Ces dernières semblent même plus profondes, plus ardentes : imaginez amorcer un virage dans votre vie professionnelle à l’aube de la cinquantaine, en quittant un emploi après presque 30 ans pour enfin répondre à votre appel du cœur. Sylvie Ladouceur l’a fait et n’a jamais regardé derrière. Aujourd’hui, elle prend sa retraite, mais elle n’exclut pas un retour sous une forme ou une autre à l’enseignement, qui lui est si cher.

Un virage serré à 50 ans

Originaire de Verdun, Sylvie fait un parcours scolaire qui inclut les principales écoles de l’arrondissement pour le finir (provisoirement, comme elle le découvrira plus tard) avec un DEC en secrétariat obtenu en 1982 au cégep André-Laurendeau. Aussitôt, elle est embauchée par la Commission scolaire de Verdun (fusionnée en 1998 pour devenir la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys).

Durant 30 ans, Sylvie a assumé les responsabilités de secrétaire de gestion dans différentes écoles et services. Sa carrière semblait suivre une trajectoire régulière, mais… Justement, son destin la rattrape en 2003. La directrice de l’un des centres lui pose la question qu’elle-même n’osait plus poser : est-ce que l’enseignement vous intéresse ? À 50 ans, Sylvie réoriente sa carrière, s’inscrit à l’université de Sherbrooke et commence ses études en Bac en enseignement professionnel. 

Après l’obtention de son diplôme, Sylvie a fait partie du corps enseignant du Centre de formation professionnelle des Carrefours durant 11 ans. Elle y trouve un milieu stimulant où, selon ses propres mots, il fait bon vivre. La vie étudiante est foisonnante, grâce à une équipe dévouée et passionnée.

Plusieurs élèves proviennent de l’immigration et doivent faire face à de nombreux défis. 

« J’ai une admiration immense pour eux, souligne Sylvie. Ils s’offrent la chance de se bâtir une carrière au Québec. Leur détermination et leur persévérance m’inspirent beaucoup et j’ai un respect énorme pour eux. »

La maîtrise de la langue s’avère cruciale pour la réussite, et Sylvie espère avoir partagé sa passion pour le français avec ses élèves.

Dans un autre ordre de d’images, Sylvie Ladouceur au centre et debout, avec le sourire…

Chaque élève est une rencontre

Enseigner est en soi un acte d’une grande générosité. Partager ses connaissances pour permettre aux autres de s’épanouir – difficile de trouver une occupation plus noble que ça. L’apprentissage ne se fait jamais dans un sens unique, et Sylvie insiste pour mettre l’accent sur cet aspect de l’enseignement. 

Aujourd’hui, l’heure de la retraite a sonné pour Sylvie. Elle part reconnaissante pour ses collègues de travail et pour la direction, qui l’a toujours soutenue dans ses projets. Son temps libre sera désormais partagé entre sa famille (Sylvie a deux enfants et trois petits-enfants – toute une marmaille), ses voyages et tous ces petits moments de la vie qui la rendent belle. Sylvie tient à exprimer un merci bien spécial à Marie-Christine (qui se reconnaitra) pour avoir partagé avec elle ses années au Centre. Elle garde aussi intact son attachement à Verdun, qui reste sa ville natale, même si elle n’y habite plus. 

Chacun de ses élèves, tout comme Sylvie, est sorti transformé par leur rencontre, prêt à réinventer sa vie. Le passage du savoir est le fondement de l’humanité, mais nous avons trop souvent tendance à l’oublier. Espérons que notre humble hommage à Sylvie, et à travers elle à tous les enseignants, rendra un peu de justice à ces gens exceptionnels.

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