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Mercredi, 29 mai 2024

Passez le savon!

Un texte de Marek Zielinski
Recherche Luz Garcia de Zielinski

Je me rappelle de la règle d’or à l’approche des Fêtes ou d’un anniversaire: ne jamais, au grand jamais, offrir du savon. Ce geste serait interprété infailliblement comme une allusion à peine voilée à l’hygiène douteuse de la personne. Mais ça a changé depuis : la règle ne s’applique plus, surtout s’il s’agit d’un savon de qualité, souvent artisanal, aux saveurs et couleurs rares et sublimes. Tant mieux, parce que nous assistons à un véritable engouement pour cette branche de l’artisanat, qui marie la chimie avec la création quasi artistique. 

Que ça mousse!

Après une longue carrière dans l’enseignement, Monique Dagenais a cherché une activité pour s’occuper en hiver. Elle en a trouvé plus que ça, une vraie passion qui l’accompagnera durant les années à venir. Avec son mari, les deux retraités, curieux et créatifs, elle décide de tenter sa chance dans la production artisanale du savon. En parfaits autodidactes, ils sillonnent l’internet et y trouvent toute information nécessaire pour se lancer dans la production, sous le nom de Savons Marie-Ange.

Première exigence pour un produit de qualité – des huiles dites précieuses (d’olive, amandes, avocats, jojoba, du beurre de karité, entre autres). Tout est dans le dosage, qui est fait à l’aide d’un calculateur de saponification, et dans le choix de fragrances.

Aujourd’hui, après à peine quelques mois d’expérimentation, Savons Marie-Ange offre une gamme d’une douzaine de produits de haute qualité, doux, à la mousse onctueuse et aux arômes et couleurs inédites. La vente se fait sur un rendez-vous au domicile de Monique, sur le boulevard Lasalle, près de Démarchais (vous trouverez ci-dessous le numéro de téléphone pour prendre un rv). Une partie de la production est faite à Shefford, au domicile du mari de Monique.

Le dialogue forcé

Retraitée depuis 2010, Monique a enseigné, entre autres, plus de 22 ans à l’école primaire de Notre-Dame-de-la-Garde. La situation actuelle, marquée par les grèves des enseignants, la préoccupe vivement. Elle pense surtout aux enfants, et parmi eux à ceux qui font face aux troubles d’apprentissage. Le temps perdu à cause des grèves ne peut pas être rattrapé, mais malheureusement les changements nécessaires se font uniquement suite aux moyens de pression. Le dialogue est inexistant en temps de « paix ». 

La pénurie des enseignants cause une surcharge de travail et, par extension, impacte la qualité de l’enseignement.

Monique souhaite une école publique solide et inclusive, offrant une égalité des chances à tout le monde. La pénurie des enseignants cause une surcharge de travail et, par extension, impacte la qualité de l’enseignement. Monique se souvient d’avoir déjà eu 27 enfants à sa charge – une situation intolérable à long terme.

Originaire de Verdun, Monique aime le fleuve et ses berges. Elle demeure tout près de l’École du cirque et de la Maison de la culture de Verdun. L’art a toujours été présent dans sa vie : son mari pratique la peinture et la photo, et elle-même s’est essayée au tissage et la fabrication des vitraux. La confection du savon, avec son côté alchimique, combine l’art et l’artisanat et aboutit à la création des objets uniques et originaux, même s’ils font partie de notre quotidien.

C’est peut-être la vraie vocation de l’art : se manifester dans notre vie sous toutes les formes.

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