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Vendredi, 01 mars 2024

L’insatiable héron

Grand héron
Ardea herodias
Great blue heron
Famille ardeidés
Ordre Pelecaniformes

Mario Lefebvre

Cet oiseau échassier, le plus grand du Québec, est le grand héron bleu. J’aime particulièrement ce prédateur pour son riche répertoire d’expressions gestuelles. Son corps est longiligne et pèse environ 2,5 kilos. Son plumage est gris et bleuté. Le dessus de sa calotte est noir strié de blanc et possède une couette fine noire qui descend le long de son cou.

Les pattes immergées dans l’eau, que ce soit au bas d’un rapide, dans une sebka, dans une mangrove ou dans une friche, le grand héron guette immobile le poisson sur lequel il arrêtera son choix. Stoïque et patient, le grand héron passe de longues minutes à ne pas cligner de l’œil, afin pour ne pas perdre de poisson.

Quand vient le temps de se nourrir, le grand héron ne lésine pas sur la grosseur et la quantité de poissons qu’il ingurgite. Toujours de la même façon, il darde sa proie d’un coup de bec franc et la sort de l’eau, piquée comme sur une brochette. Le spectacle de cette pêche est rapide, je dois garder le doigt sur le déclencheur de ma caméra en mode rafale afin de capter toutes les séquences. Si le poisson n’est pas mort, il le déposera sur l’herbe et le dardera de nouveau, jusqu’à tant que ce dernier soit bien assommé. Par la suite, il le retournera tête-bêche pour l’avaler et le laisser glisser tout le long de son cou, jusque dans son estomac. Les acides puissants de son système de digestion le réduiront à néant : tête, arêtes, queue, etc. Il se nourrit aussi de crustacés, de petits mammifères et de reptiles, sans oublier les petits canetons parfois égarés de leur sillon maternel.

Du mois de mars au mois d’octobre, nous pouvons observer le grand héron sur nos plans d’eau partout au Québec. La saison froide venue, notre échassier aligne son corps longiforme de même que ses pattes et rentre son cou dans ses épaules pour le grand voyage vers le Sud. Long d’un mètre : plus il vole à grands coups d’ailes, lentement, qu’il devient facilement perceptible en vol, possédant une envergure d’ailes de plus de deux mètres.

Saviez-vous qu’en face de Verdun et LaSalle, sur le fleuve Saint-Laurent, il existe une des plus grandes héronnières en Amérique du Nord ? Elle s’appelle l’Île aux hérons. Les grands hérons élèvent leurs familles sur cette île. Perché à plusieurs mètres en hauteur, le grand héron fait son nid de branches éparses pour recevoir ses oisillons. Tour à tour, le mâle et la femelle feront le relais pour la couvaison, tandis que l’autre ira trouver la nourriture familiale.

Le cri du grand héron rappelle le son rauque d’une corneille en séquence plus brève. Pendant qu’il plane gracieusement au-dessus de l’eau, il lâche un « fraaahnk » lourd et résonnant. Récemment, j’ai croqué ce spécimen. Il s’est envolé pour quelques mètres, laissant derrière lui une trace de battements lents dans une faune fragile et sauvage au cœur de la ville. Sans plus tarder, je vous laisse admirer sa majesté en images.

Plus qu’en mots, mes images reflètent l’état d’esprit dans lequel je clique de l’index la scène. La photo devient le lieu, la toile, le moment.

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