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Mardi, 21 mai 2024

Leçons d’Afrique

Texte Marek Zielinski
Recherche Luz Garcia de Zielinski

Titulaire d’un BAC en relations internationales à l’université McGill et d’une maîtrise en développement international à Sciences Po à Paris, Brenda Garcia, une jeune Verdunoise, rentre d’un voyage qui sera à jamais gravé dans sa mémoire.

Brenda, qui a déjà une feuille de route professionnelle impressionnante (agente de coordination à Equitas International, conseillère au Forum économique international des Amériques, à Montréal et à Paris, et, présentement agente de projet pour l’Afrique francophone au Bureau de facilitation du commerce du Canada – TFO Canada) est une personne idéale pour porter sur ses épaules une mission ambitieuse sur un continent encore méconnu – l’Afrique. Elle nous en parlera plus en détail dans l’entrevue qu’elle nous a accordée à son retour.

Brenda Garcia
a une feuille de route académique
des plus … internationales.
(Source TFO Canada)

Installée à Verdun depuis l’âge de six mois, avec sa mère venue du Mexique, Brenda est une grande voyageuse, une passion qu’elle peut désormais pratiquer dans le cadre professionnel. Amérique centrale, Afrique deux fois déjà – une troisième visite sur ce continent fascinant est pour la fin de septembre – puis Europe d’un bout à l’autre : chaque voyage l’enrichit et l’enchante, mais chaque retour la conforte. Verdun est pour elle comme un ami, qui certes change et évolue, mais qui garde la même essence, familière et rassurante. Cette essence, pour Verdun, est constituée de sa vie de quartier, sa joie de vivre, ses commerces animés, son sens de la fête. Les racines identitaires de Verdun sont assez profondes pour garder, malgré une popularité et reconnaissance mondiales (la rue la plus cool, ça vous dit quelque chose !) sa « touchante et familière simplicité » – comme le dit si bien Brenda.

Femmes de parole, femmes d’action

Pouvez-vous nous parler de la mission que vous avez accomplie en Afrique récemment ?

« TFO Canada est une ONG qui a pour mission d’appuyer des PME dirigées par des femmes dans leurs projets d’exportation vers les marchés internationaux. On renforce les capacités d’exportation des femmes entrepreneures agricoles, et on leur permet de rencontrer des acheteurs potentiels dans le cadre de missions commerciales internationales.

Dans une rue africaine,
en mission de contrôle dans
trois de nos pays bénéficiaires:
le Bénin,
la Côte d’Ivoire
et le Nigéria.

En tant qu’agente de projet pour l’Afrique, j’ai été envoyée en mission de contrôle dans trois de nos pays bénéficiaires, le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Nigéria, afin d’évaluer la mise en œuvre du projet jusqu’ici. La mission avait trois buts principaux : 

  1. Rencontrer les institutions partenaires qui aident TFO Canada à mettre en œuvre les activités du projet, afin d’assurer la continuité de la collaboration entre nos organisations ;
  2. Rencontrer certaines des femmes entrepreneures ayant bénéficié de nos formations et/ou de nos activités d’accès au marché afin de mesurer l’impact qu’ont eu nos services sur leurs activités commerciales ; 
  3. Rencontrer d’autres institutions et/ou organisations ayant une mission commune afin de trouver des opportunités de collaboration et de synergie pour des projets futurs. 

Dans l’ensemble, la mission a été un succès, car on a pu recueillir de précieux témoignages sur les réussites, obstacles et perspectives d’avenir de nos projets. Mais ce qui est le plus gratifiant, c’est de constater la fierté et le bonheur de ces femmes qui, petit à petit, font croître leur entreprise, et qui en inspirent d’autres à faire de même.

Du 27 septembre au 8 octobre, il y aura justement lieu une de nos missions commerciales. J’aurai la chance d’accompagner une délégation de 12 entrepreneures agricoles du Bénin, et 10 du Burkina Faso, pour exposer leurs produits au Salon de l’agriculture et des ressources animales (SARA) à Abidjan, en Côte d’Ivoire, le but étant de permettre à ces entrepreneures de trouver des acheteurs potentiels pour leurs produits à l’échelle internationale. »

Avez-vous remarqué de préjugés concernant ce continent vaste et toujours méconnu – l’Afrique ? 

« Le terme « Tiers Monde » a laissé aujourd’hui place au terme plus inclusif et plus optimiste « Pays en développement ». L’Afrique est un continent aussi diversifié que méconnu, et il est impératif de ne pas faire de généralisations lorsqu’on parle de ce continent, car le Maroc est aussi différent de Madagascar, que la Finlande l’est de la France. Ce que le continent a en commun, toutefois, c’est une effervescence ascendante, une croissance économique, industrielle, démographique, et une évolution constante. La préconception la plus répandue est sans doute le fait de penser que l’Afrique n’est pas moderne. Certes, l’Afrique est encore en grande partie rurale et agricole, mais certaines de ses villes comme Lagos ou Le Caire ont un paysage urbain dignes des villes occidentales et la vie urbaine tout aussi riche et pleine de possibilités que chez nous : bars, discothèques, cinémas, hôtels de luxe, musées… On y retrouve souvent une classe moyenne bien établie, éduquée, ambitieuse, qui contribue au développement du continent, et qui de surcroît a appris à être débrouillarde et innovatrice, compte tenu de l’historique de précarité de la société d’où elle vient. L’Afrique a le vent dans les voiles, et nous sommes loin du temps où les seules images qui nous parvenaient du continent étaient liées à la famine, l’insalubrité et la maladie. » 

Au marché, là ou règne une effervescence ascendante,
une croissance économique, industrielle, démographique, et une évolution constante.

Comment lutter contre ces préjugés et idées préconçues ?

« Comme pour toute chose, il est impératif de bien s’informer et de constater les faits par nous-mêmes avant de tomber dans les clichés, car ce continent gagne à être découvert et, surtout, mieux compris. Mon goût pour le voyage m’a poussé à travailler dans un domaine où je sens que je peux semer une petite graine pour donner un coup de pouce à des individus qui sont peut-être loin de moi et de ma réalité, mais qui aspirent à des choses similaires et méritent d’atteindre leurs objectifs au même titre que nous, et de la façon qui leur convient. Ce voyage m’a permis aussi de me rendre compte qu’il n’y a aucune recette universelle pour grandir et s’accomplir, comme individu ou comme société, et qu’il faut avoir l’ouverture de laisser tout un chacun emprunter la route qui lui convient. La solidarité n’a ni frontières, ni formes fixes. »

Au retour de son prochain voyage, Brenda sera heureuse de partager avec vous ses impressions de l’Afrique, ce continent qui exerce déjà une fascination sur elle. 

Brenda Garcia

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