Des gens se pressaient à la porte du restaurant Crescendo pour assister à l’arrivée des héros du jour, Laurent Duvernay Tardif et sa conjointe Florence-Agathe Dubé-Moreau. Ce n’est pas tout à fait par hasard que l’ancien joueur de football de la NFL a atterri à Verdun, où le couple a tissé des liens avec la Fondation Regain, présente en milieu scolaire ici.
Texte de Pierre Lussier
Photo de Jack Northon
La foule dans la salle à manger remplie à craquer a applaudi Laurent Duvernay-Tardif (LDT), qui s’est dirigé tranquillement jusqu’à la table des invités, en saluant à gauche et à droite ses nombreux admirateurs et admiratrices. Non, ce n’était pas la journée triomphale dans un stade, mais le tout Verdun était reconnaissant de voir ce jeune homme de 32 ans faire honneur au Québec, en devenant le premier joueur né dans la belle province, à gagner le Super Bowl, un événement regardé par des millions de téléspectateurs à travers le monde.
Un couple, deux volets de la vie
Après les rires prévisibles sur les noms composés des invités, et les sigles qui en simplifient l’usage, c’est la conjointe de Laurent, Florence-Agathe Dubé-Moreau (FADM) qui a parlé en premier, exprimant sa soudaine découverte de l’univers du football au stade de Miami lors du Super Bowl. Dans ce monde masculin où règne la camaraderie, Florence-Agathe décrit ses émotions et sa réflexion comme femme et féministe dans un ouvrage qu’elle vient de publier sous le titre de Hors-Jeu, aux Éditions du Remue Ménage. Cet essai se retrouve « à l’intersection de la culture et du sport ».
FADM possède une maîtrise en Histoire de l’Art et sa démarche, telle qu’elle nous l’a expliquée au Midi-Motivation, a pour but de concilier les arts et le sport qui ne sont vraiment pas incompatibles dans la formation et l’épanouissement des jeunes sur le chemin de la réussite.

D’ailleurs la création de la Fondation Laurent Duvernay-Tardif dont Florence occupe la vice-présidente, est directement reliée à ce projet du couple qui a mené au développement d’un contenu pédagogique appelé la 6e période. Par bonheur, la FLDT s’est intéressée à Verdun grâce à la Fondation Regain qui a investi 50 000 $ dans le projet verdunois couvrant certaines de nos écoles moins favorisées
Pour Laurent Duvernay-Tardif, le sport a été déterminant dans sa vie, le ski de fond par exemple, mais en particulier le football, en développant chez lui, les valeurs du travail d’équipe et comment faire face à l’adversité. Le sport motive et la créativité s’exprime avec des activités artistiques comme la sculpture et la photographie. Laurent indique au passage que la Fondation qui compte de nombreux animateurs sur le terrain, s’étend à la région de Québec depuis l’an dernier
Je reviens chez nous
Laurent Duvernay-Tardif a pris sa retraite du football, il n’y a même pas un an, pour se consacrer à la médecine, dont il veut compléter sa formation. À 32 ans, Laurent doit faire ses 16 mois de résidence à l’hôpital juif de Montréal, à partir de janvier. Jusqu’ici, le jeune champion avait remis ce passage obligé en médecine à cause de ses engagements au football, aussi de son propre avis, il ne fallait pas retarder encore l’échéance afin d’exercer un jour en médecine familiale et en médecine d’urgence.
Pour faire du pain, il faut bien pétrir la pâte. Laurent le sait, lui qui a longuement observé son père agronome et boulanger. De retour au pays de sa jeunesse en Montérégie, le jeune champion a acheté la boulangerie de ses parents, dont il veut perpétuer la tradition d’excellence sous le signe du Pain dans les Voiles. Boulanger, médecin et président de Fondation, Laurent n’a pas fini de nous étonner… tout comme sa conjointe Florence-Agathe.

La Fondation Regain
Des bénévoles retraités bien de chez nous et engagés dans la communauté ont profité de la vente de la clinique Physergo, l’ancien Pavillon du Boulevard, pour placer cet argent dans une fondation et en faire profiter les élèves d’écoles moins favorisées de Verdun. On retrouve notamment Jeanne Breton (ancienne présidente de la Société Saint-Vincent-de-Paul (SSVP), qui assume la présidence, et Yvon Turcot, l’ancien gérant de l’Auditorium, sans oublier Gilles Beaudry, l’avocat David Bessette, Lionel Zaba, Pierre Boivin et Daniel Bartlett.
L’association des deux fondations a permis de réaliser ce projet qui en est à sa troisième année d’existence dans les écoles Lévis-Sauvé, Notre-Dame-de-la Paix et Notre-Dame-des-Sept-Douleurs. La 6e période rejoint plus d’une cinquantaine d’élèves qui se retrouvent après la classe avec des animateurs bien formés, pour encadrer un choix d’activités artistiques et sportives. On ne porte pas de jugement sur les performances et les goûts de l’un et de l’autre, aussi tous s’intègrent sans problème.
