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Vendredi, 12 juillet 2024

Ken McLaughlin, la conscience de la cité

Par Marek Zielinski
Recherche LUZ Garcia de Zielinski

J’ai la chance de connaître Ken McLaughlin, aussi connu sous le nom d’artiste militant de Neath Turcot, depuis plus de 20 ans. Je le croise souvent au gré de mes promenades sur la Well ou sur les berges du fleuve, et je suis à chaque fois impressionné par son allure : haute taille, posture droite, tête altière, noble, mais qui regarde le monde avec une grande bienveillance. Il navigue d’un pas alerte, léger, qui foule le sol de sa ville natale comme on explore sa mémoire. Une impression si forte de jeunesse émane du personnage qu’on ne peut que vouloir découvrir son secret. Quelques mots échangés avec Ken suffisent pour lever un coin de voile du mystère : ce n’est pas une onction miracle ou une diète draconienne qui en est la cause. On est jeune quand on croit qu’on peut encore changer le monde ! Et Ken y croit; toujours et parfois malgré tout. Il est de toutes les batailles, même celles qui semblent être perdues d’avance. La motivation qui le pousse à agir ne vient pas d’une vision politisée du monde, mais d’un simple constat humaniste que la justice doit prévaloir, que la solidarité est la plus haute valeur et que la société peut se façonner comme de l’argile.

Reconnaîtrions-nous l’imposante personne, à droite…

Sa famille s’est établie dans notre arrondissement il y a plus de 100 ans. Né à Verdun, Ken y demeure toujours, après quelques escapades à l’extérieur. La présence du fleuve est d’une importance capitale pour cet artiste dans l’âme, qui développe très tôt une passion pour la lecture, l’écriture et la photo. Il obtient un Bac en arts à Concordia et se retrouve immergé dans un milieu militant, en pleine période de l’activisme civique pour des causes de la justice sociale : pauvreté, logements abordables, droit de minorités, etc. Dans les années ‘90, il se lance dans un projet artistique d’envergure pour photographier les usines abandonnées du sud-ouest, dont certains sont devenus de véritables musées de l’art urbain, à l’époque dorée du graffiti. Un peu plus tard, au début du nouveau siècle, son blogue et ses photos des environs de l’échangeur Turcot lui ont conféré une certaine notoriété à Montréal. Ce dernier temps, il a travaillé sur le projet concernant les abribus. La ville l’inspire, l’empreinte que l’humain y laisse est une constante source de la découverte et de l’émerveillement.

Ken McLaughlin

Ken aimerait un jour assembler les images qu’il a tournées à l’aide de sa petite caméra pour en faire un long-métrage, avec des personnages pour peupler l’univers urbain qui le fascine autant. Ken est aussi un homme de la parole écrite. Il vient de terminer la rédaction d’un roman historique se déroulant à Montréal en 1838, entièrement rédigé à l’extérieur, dans des conditions parfois extrêmes pour cause de froid. Comme pour les photos, il fallait saisir la ville dans sa chair propre, dehors, dans ses rues et ruelles. Ce parti-pris a été inspiré par le confinement dû au Covid, pour conjurer l’enfermement en quelque sorte. La réécriture du roman se fera dans les conditions plus clémentes, derrière son bureau et au chaud.

Si vous croisez cet homme grand, dans tous les sens du terme, quelque part en ville, parlez-lui… Il saura puiser une inspiration de cette rencontre et peut-être faire de vous un des personnages de son roman.

Pour la rubrique Chapeau aux gens et aux lieux de ma communauté

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