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Mardi, 21 mai 2024

Isabelle Shamlian : la célébration de la vie après la greffe 

À l’occasion de la Journée mondiale du don d’organes
et de la greffe, qui sera soulignée le dimanche 17 octobre,
je tenais à vous donner des nouvelles de notre chère insulaire
qui incarne merveilleusement la portée du mot résilience

Texte d’Angela Lubino
Photographie de Jack Northon

Isabelle Shamlian, qui a littéralement lutté pour sa vie pendant près de deux ans, vient de souffler depuis peu la cinquième bougie anniversaire de sa greffe de foie. Sereine malgré les défis, elle continue de poser des gestes concrets pour que les patients aient un meilleur soutien psychologique pendant cette période difficile.

Depuis l’âge de 16 ans, Isabelle Shamlian n’a cessé de lutter contre une maladie causant la formation exagérée de pierres dans ses voies biliaires. « J’ai subi une dizaine de chirurgies majeures ainsi que d’innombrables interventions invasives et douloureuses afin d’en venir à bout. Je travaillais à temps plein aux ressources humaines de la Ville de Montréal, plus spécifiquement auprès du Service de police, lorsque que mon foie s’est mis à se détériorer à une vitesse fulgurante, me laissant en douleurs, hospitalisée aux deux semaines pour une durée de 10 jours à la fois, les yeux et la peau jaunis par la cirrhose qui me tuait ». 

« Au cours de mes quatre ans et demi d’invalidité, j’ai attendu 22 mois un appel qui tardait, alors qu’en moyenne, l’attente pour un foie est de trois à six mois. J’ai fait deux septicémies, du fait que mon corps n’en pouvait plus et s’éteignait rapidement.

« Au cours de mes quatre ans et demi d’invalidité, j’ai attendu 22 mois un appel qui tardait, alors qu’en moyenne, l’attente pour un foie est de trois à six mois. J’ai fait deux septicémies, du fait que mon corps n’en pouvait plus et s’éteignait rapidement.»

« Au cours de mes quatre ans et demi d’invalidité, j’ai attendu 22 mois un appel qui tardait, alors qu’en moyenne, l’attente pour un foie est de trois à six mois. J’ai fait deux septicémies, du fait que mon corps n’en pouvait plus et s’éteignait rapidement. À deux reprises, j’ai reçu la nouvelle qu’un foie était disponible. Malheureusement à ces deux occasions, il m’a été annoncé l’horrible nouvelle : le foie n’était pas compatible avec mon petit corps. Plusieurs fois, j’ai résisté à la tentation de mettre fin à mon calvaire. Et c’est alors que j’étais hospitalisée, avec la mort à ma porte, que j’ai reçu la bonne nouvelle. Cette fois-ci, un foie compatible était finalement disponible ! »

Grâce à la générosité d’une personne accidentellement décédée – qui avait signé sa carte de don d’organes -, « j’ai été greffée en 2018 au cours d’une opération chirurgicale de 14 heures. Alors que la famille de cette personne aurait pu refuser de respecter son choix, comme 37 % le font pour des raisons émotives ou religieuses en apprenant la nouvelle du décès, celle-ci a fait preuve d’une générosité hors du commun. Malgré son immense chagrin, cette famille m’a sauvé la vie, sans contredit. »

En septembre dernier, Isabelle Shamlian a célébré les cinq ans de son opération avec un profond sentiment de gratitude, car depuis qu’elle a recouvré la forme, elle a pu poursuivre son épanouissement professionnel à temps plein et s’adonner à sa nouvelle mission de vie. En parallèle de sa contribution à assurer un environnement de travail diversifié, équitable, inclusif et exempt de discrimination à la Ville de Montréal, elle sensibilise autant que possible sur l’importance de consentir aux dons d’organes et d’en discuter avec ses proches. « En en parlant à votre famille, vous encouragerez leur prise de décision le moment venu, car au-delà de la peine, elle réalisera un acte d’amour qui permettra de sauver de nombreuses vies ».

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