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Vendredi, 12 juillet 2024

Hélène Routhier: du cœur dans la tête

Par Marek Zielinski
Recherche LUZ Garcia de Zielinski

Le cœur – ou la tête ? Une question digne de Hamlet ! Mais… pourquoi choisir ? L’un et l’autre détiennent les clés de notre bien-être dans un équilibre précaire qu’il faut sans cesse sauvegarder. Hélène Routhier le sait mieux que quiconque, elle qui a fait de la psychologie son métier et de l’art sa passion. Aujourd’hui, elle a réussi à concilier les deux facettes de l’humain grâce à la pratique d’un art. « Aussi loin que je me souvienne, j’ai eu un intérêt pour les arts, sans avoir une pratique personnelle, souligne Hélène. Je suis devenue psychologue, j’œuvre en pratique privée depuis 1988 et c’est à la suite d’une formation en hypnose thérapeutique qu’a émergé en moi l’appel de la peinture. Nous étions en 1997. J’y ai répondu, j’ai pris des cours de peinture avec des artistes, fait des stages intensifs, suivi diverses formations au RAAV (Regroupement des Artistes en Arts Visuels) et j’ai eu la chance d’avoir Hélène Goulet comme mentor ».  

Autodidacte, Hélène a développé un langage propre en art à travers les expérimentations dans son atelier. Une voix personnelle, inimitable, qui s’allie à une technique qui invite la nature elle-même à participer à la création d’une œuvre. Écologiste concernée, Hélène témoigne de l’importance du froid dans la survie de la Terre. Elle effectue ses tableaux avec de l’encre acrylique dehors, en hiver, dans les températures sous le zéro, pour laisser le froid former ses dessins propres avec les cristaux de glace. L’effet est saisissant, comme vous allez pouvoir le constater en visitant son site web ci-dessous. Depuis 2017, Hélène s’intéresse à la gravure qui la fascine complètement avec – et je la cite – « toutes ses étapes, la fabrication de la matrice, le papier et ces presses magnifiques que je dois faire rouler ».

L’artiste avoue une préférence pour l’abstrait. C’est peut-être la psychologue en elle qui parle, reconnaissant l’importance de l’inconscient dans la création, affranchie du devoir de la représentation figurative. C’est une liberté qui ne se soumet qu’à la plus grande force créatrice – la nature. C’est d’ailleurs sa puissante et majestueuse œuvre qu’est le fleuve St-Laurent qui a attiré et retenu Hélène à Verdun, couplé à une communauté qu’elle trouve vibrante et généreuse. Elle s’implique dans sa vie à travers différents regroupements, tels qu’Empreintes d’artistes, Verdun Luv et la Fondation de développement local.

Après sa dernière grande exposition, un solo rétrospectif des cinq dernières années à la Galerie La Seigneurie, à la Maison de la culture à Chateauguay, Hélène éprouve un épuisement créatif, une période de latence qui permet à des nouvelles idées de germer. Elle passe les huit premiers mois de la pandémie dans sa maison de Gaspé, en plein nature, qui exerce sur elle une telle fascination. Durant ce temps de repli, les artistes ont pris leur place et réaffirmé leur contribution à la société. « On a vu tout plein d’initiatives, constate Hélène. Les artistes ont été présents car ils savent que sans l’art sous toutes ses formes, la vie des humains manquerait de sens. Toute l’histoire de l’Humanité est marquée par les arts. »

Tous les jours, à chacune de ses œuvres, Hélène s’inscrit dans cette grande Histoire et dans les histoires personnelles de ceux qui la contemplent.

Hélène Routhier, Encre acrylique sur Arches, 2016, 34X45 pouces, marouflé. Artothèque

Pour la rubrique Chapeau aux gens et aux lieux de ma communauté

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