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Montréal
Vendredi, 19 avril 2024

Tout un oiseau

Moineau domestique
Passer domesticus
House sparrow

Ordre des passeriformes
Famille des passéridés

Texte et photographies Mario Lefebvre

Cet oiseau dans le ciel est tout aussi commun dans les villes que la mouette, le pigeon et le merle d’Amérique. Il s’agit bien entendu du moineau domestique. Enfant, je croyais qu’il n’existait que celui-là. Les moineaux faisaient la pluie et le beau temps dans notre cour arrière, sans trop se soucier des humains qui gravitaient autour d’eux. Mon ami Normand et moi avions le même intérêt curieux d’en apprendre plus sur l’espèce. À l’aide d’un panier à linge qui nous servait de cage, nous attrapions quelques moineaux domestiques afin de les relâcher à nouveau. Nous étions jeunes, naïfs et peut-être précurseurs de la pêche et remise à l’eau, comme le font certains pêcheurs aujourd’hui.

Le moineau tire son nom des Moines qui étaient vêtus d’une cape brune que l’on appelle la bure ; ces prêcheurs laissaient voir leurs tonsures, rappelant la tête grise du moineau domestique. Le brun et le gris sont les deux couleurs prédominantes chez l’espèce, autant chez la femelle que chez le juvénile. Les couleurs du mâle sont similaires mais beaucoup plus vives. Le brun est foncé tirant sur le roux et le gris de ses joues, ainsi que sur son ventre, sont nettement démarqués. Pendant la parade nuptiale, le mâle porte une bavette noire qui descend le long de son gésier. À la mue, vers la fin du mois d’août, ce dernier perd un peu de ce noir qui tapissait sa gorge par l’usure du bout de ses plumes.

Au fil du temps, le moineau domestique a su s’adapter aux changements climatiques et aux espaces que l’homme a bien voulu lui laisser. Ce puissant passereau à forte tête et à bec conique, est un symbole de résilience et d’obstination. Il aurait pu migrer comme le font la plupart de ses congénères, mais fort de ses 30 grammes bien pesés, il a choisi d’affronter les froids extrêmes du Québec. La familiarité du moineau domestique avec l’homme est importante. Il entretient une forte relation de commensalisme, qui consiste à tirer profit de la surabondance de la nourriture ou des habitats chez une espèce ou l’autre : tout le monde y trouve son compte.  

Le moineau domestique est granivore, sont alimentation est à 90 % constituée de graines, de céréales ainsi que d’herbes folles. L’autre 10 % de son alimentation se résume aux arthropodes et aux invertébrés, tels que les coléoptères. Les oisillons, par contre, se nourrissent seulement d’insectes hérités des parents. Fidèles et monogames, la femelle et le mâle participeront à la construction du nid, ainsi qu’à l’élevage des petits. Qu’on les appelle Pierrot ou moineau franc, les moineaux domestiques sont les oiseaux ruraux les plus faciles à identifier. Pas besoin d’être amateur d’ornithologie pour reconnaître le pépiement de se lève-tôt, ce fameux moineau.

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