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Montréal
Vendredi, 12 juillet 2024

L’oiseau des cavernes

Troglodyte mignon
Troglodytes troglodytes
Winter Wren
Ordre des passeriformes
Famille des troglodytidés

Par Mario Lefebvre

Certaines espèces d’oiseaux sont plus visibles l’hiver que l’été puisque malgré la saison froide, elles trouvent encore de la nourriture et le troglodyte mignon est une de celles-là. Ce passereau est l’un des plus petits de son espèce que nous retrouvons sur le continent américain en ce début d’hiver, il me fait voir ses couleurs marrons dans ce tapis blanc d’une première neige tombée.

Petit oiseau furtif toujours en mouvement, le troglodyte se déplace la plupart du temps en marchant au sol, c’est à se demander pourquoi il a des ailes ? Le troglodyte mignon que j’ai observé, se faufile entre les buissons denses tout en cherchant sa nourriture au sol. Il est si petit qu’il se faufile dans des cavités enfouies dans les sous-bois, étant le seul à pouvoir s’y immiscer. Ne mesurant que dix centimètres de longueur et ne pesant que huit grammes, dans une journée il mange parfois une quantité de nourriture supérieure à son propre poids. De l’aurore au crépuscule, le troglodyte mignon quitte le nid pour s’alimenter.

Le troglodyte se nourrit principalement d’insectes ainsi que de larves, araignées, papillons et autres mini-vertébrés tels que des alevins de poissons ou les têtards d’amphibiens complètent son menu. Muni d’un bec long et fin, notre troglodyte mignon se sert de ce dernier pour dénicher la moindre vie cachée dans l’humus de la forêt. Il effile son bec le long des branches dans le but de garder sa petite forme élancée et pointue. Rond et minuscule, il se reconnaît à sa queue courte toujours relevée dans les airs qui surpasse même parfois le dessus de sa tête. Toujours en train de la faire bondir au moindre signal, ce pétulant petit mignon nous avertit de sa présence par des mouvements vifs de sa queue et de son cri puissant. En comparaison à un coq, le troglodyte mignon pousse des cris dix fois supérieurs à ce gallinacé, toutes proportions gardées. Le chant : une suite longue, complexe et remarquable de trilles très aigues et de grésillements ténus. Le cri un « djip-djip » bref et dur.

Le troglodyte mignon n’est pas un oiseau endémique et son aire de répartition est très vaste, elle s’étale de l’Islande aux Aléoutiennes, soit sur l’ensemble du continent eurasiatique et ses îles aux latitudes tempérées.

Ses deux cousins très proches et quasi identiques que l’on retrouve sur le continent nord-américain sont le troglodyte des forêts à l’est et le troglodyte de Baird à l’ouest. Le troglodyte mignon demeure le seul de sa famille qui habite le vieux continent.

Le juvénile, la femelle ainsi que le mâle troglodyte mignon sont identiques. Certains ornithologues prétendent que les juvéniles n’ont pas le dessous des ailes blanc tel celui des adultes, mais bon, la différence est si minime qu’Il devient très difficile de les différencier. Le troglodyte mignon tient son nom du fait qu’il aime construire son nid dans des cavités rocheuses, ou simplement accroché à la paroi d’un mur. Un nom préhistorique pour un oiseau fouineur bien établi chez nous.

Joyeuses fêtes (de retour en janvier !).

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