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Montréal
Mercredi, 12 juin 2024

Bec et plumes – le pic buveur

Pic maculé
Sphyrapicus varius
Yellow-bellied sapsucker

Ordre des piciformes
Famille des picidés

Texte et photos de Mario Lefebvre

Prime coche ! Un nouvel oiseau est venu se percher dans le pommetier, devant chez moi. Séance de pauses avec le pic maculé !

Dans sa robe noire maculée de rayures blanches irrégulières, en plus du rouge qui orne sa tête et sa gorge, le pic maculé mâle est un oiseau flamboyant. Ce pic tambourine légèrement, à l’aide de ses puissantes griffes, pour se tenir à la paroi des arbres et, muni d’un grand bec en forme de ciseau, il perce de petits trous dans l’arbre tous enlignés horizontalement ou verticalement.

Cette pratique lui permet de faire couler la sève de l’arbre pour s’en nourrir, et d’y attirer les insectes qui viennent s’y loger. Ces petits garde-manger deviennent salutaire quand la nourriture se fait plus rare. C’est par saccade de cinq coups de tête qu’il s’exécute. Contrairement à ses cousins, le pic mineur, le pic chevelu, le grand pic et j’en passe, le pic maculé est beaucoup plus discret dans les bois.

Le pic maculé femelle est semblable au mâle, sauf pour sa gorge blanche, a contrario du mâle, qui a une gorge de couleur rouge sang. Tous deux portent une bande alaire blanche, exclusivité dans la famille des pics d’Amérique du Nord.

L’aspect de son plumage bigarré de noir et de blanc, entrecoupé de rouge écarlate, fait rejaillir notre hôte de son environnement. En image, en regardant bien, on remarque le bleu iridescent qui orne ses épaules. C’est à une distance d’environ huit mètres que j’ai pu capter des images nettes et précises.

Le pic maculé est associé aux forêts matures, décidues et mixtes ; il loge dans les crevasses et les cavités des arbres. Au printemps, le pic maculé nous arrive d’aussi loin que d’Amérique centrale et des Antilles. Ce n’est pas pour le bonheur de tous, car le pic maculé a la réputation de vampire à plumes ! La sève de l’arbre est comparable au sang du corps humain. Étant donné que le pic maculé revient hâtivement dans nos forêts d’Amérique du Nord, la sève des arbres y coule en abondance et les insectes restent encore engourdies par l’hiver.

Le pic maculé est avide de sève fraîche et les multiples trous qu’il creuse dans les arbres, font sortir la sève des veines du bois et tue l’arbre à petit feu.

Des horticulteurs ont rapporté avoir perdu des arbres en raison du suçage de sève crée par le pic maculé. Eau bénite, gousse d’ail ou crucifix, tous d’excellents remèdes contre Dracula, mais d’aucune utilité contre notre vilain oiseau.

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