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Vendredi, 01 mars 2024

La vengeance du pic

Notre ornithologue gentil n’a pas à rougir de son œil magique pour nous offrir pareil résultat : un premier pic à ventre roux sur film de sa vie ! 

Pic à ventre roux
Melanerpes carolinus
Red-bellied woodpecker
Ordre piciformes
Famille picidés

Texte et photos de Mario Lefebvre

Euréka !

Enfin, pour la première fois de ma vie, j’ai photographié le pic à ventre roux. En principe, il serait plus approprié d’emprunter le terme primecoche, qui est un mot récent dans le langage ornithologique et qui veut dire : la première fois que l’on identifie une espèce d’oiseau à vie (lifer).

Dans nos boisés urbains, il est possible de faire d’excellentes découvertes d’oiseaux, et même parfois de rencontres rarissimes. Ainsi, ce pic à ventre roux n’est pas commun dans nos parcs, cours et jardins. Pourtant, j’ai pu le prendre en photo ici même… dans ma ville. J’arpente tous les recoins verts à la recherche d’oiseaux, je suis étonné et ravi par la diversité et le nombre d’oiseaux que je photographie.

Pour les ornithologues et photographes, qu’ils soient amateurs ou professionnels, les rives du fleuve Saint-Laurent sont un endroit tout désigné pour faire la rencontre d’oiseaux rares. Les couloirs migratoires, les refuges et les aires protégées font de cette ville un endroit d’observation hors du commun. Depuis quelques années, je vois le nombre d’espèces d’oiseaux augmenter. Certains oiseaux, habituellement visibles qu’en forêt, se retrouvent dans des secteurs urbains, là où la végétation, les arbres et arbustes sont abondants. Le pic à ventre roux est une des neuf espèces de pics que l’on retrouve au Québec. Son nom provient de cette subtile et à peine visible tache rousse qui apparaît sur son ventre blanc-gris. Sa tête, cependant, est très rousse du bec à la nuque chez le mâle. La femelle s’identifie par une tache rousse sur la calotte et au bas de la nuque, mais sa tête est grise. Tous deux ont le plumage du dos rayé et barré de noir et de blanc. Son bec effilé et en forme de ciseau lui permet d’attraper les insectes, les larves, les chenilles, et toute autre sorte d’invertébrés et d’arthropodes qui se cachent sous l’écorce des arbres.

Tapage et tambourinage, voilà deux comportements qui définissent bien la famille des pics. Pour se nourrir, le pic à ventre roux martèle l’écorce des arbres, comme il le fait pour construire son nid. La particularité du pic à ventre roux, est qu’il tambourine légèrement le bois, mais de façon constante. Parfois, au début en saccade et munie d’une longue langue collante, il insère celle-ci sous l’écorce pour extirper la moindre forme de vie. L’hiver, le pic à ventre roux se nourrit de graines, de fruits séchés et de noix diverses. À l’automne, il s’empresse de cacher de la nourriture dans les fissures et dans les trous des arbres, cette pratique lui sera salutaire au moment où la nourriture deviendra une denrée rare, vers la fin de l’hiver.

Dans la partie sud du Québec, passant par l’est des États-Unis et jusqu’en Floride, le pic à ventre roux est présent. C’est un oiseau majestueux à cause de sa tête rousse qui flamboie sous le soleil et ses ailes striées de noir et de blanc contrastants, offrent un bel effet visuel lorsqu’il est en vol. Le monde aviaire est fascinant pour la beauté ainsi que pour la variété des espèces, à nous de le découvrir pour mieux le connaître afin de le sauvegarder.

Pour clore cette chronique, je vous parle d’une problématique d’actualité qui implique la famille des pics versus une de nos sociétés d’état. Hydro-Québec est aux prises avec un problème de taille ! Sans vouloir faire un jeu de mot, les poteaux qui soutiennent les fils électriques se font tambouriner avec ardeur par le grand pic, ainsi que par d’autres espèces de pics vivant au Québec. Le résultat de ce tambourinage incessant, a pour effet de créer d’immenses trous dans les poteaux et ce à plusieurs endroits, fragilisant ainsi la solidité de ces derniers et le danger qu’ils se mettent à tomber, est bien réel. J’espère que notre société gouvernementale saura trouver une solution écologique à cet enjeu.

Difficile de blâmer les pics : après tout, les poteaux étaient jadis des arbres !

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